Comme défenseur de la primauté du droit et de nos valeurs fondamentales, le Barreau du Québec prend ses responsabilités très au sérieux. J’ai récemment eu la chance de le constater depuis les premières loges, dans trois dossiers très importants.
Le 30 septembre, devant la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité, le Barreau a fait valoir l’importance du droit à la vie, tout comme du droit à la dignité humaine jusqu’au dernier moment. Le Barreau a pu éclairer la commission en offrant une opinion rigoureuse, claire et comportant les nuances appropriées. Avant de mourir, il faut bien vivre, et c’est pourquoi le Barreau a plaidé pour une accessibilité accrue aux soins de santé jusqu’à la fin. Puis, devant la réalité inéluctable de la mort, le Barreau a souligné l’importance de l’autonomie décisionnelle de la personne en fin de vie. En proposant un cadre pour protéger les personnes mourantes, leurs proches et le personnel soignant, et pour éviter tout dérapage, le Barreau du Québec a fait preuve de courage moral et a su prendre la place qui lui revient en abordant la question d’un point de vue juridique.
Ensuite, le 20 octobre, le Barreau a interpellé le gouvernement au sujet de l’accès à l’aide juridique. Dans notre société de droit, nous souscrivons au principe que tous les citoyens sont égaux devant la loi. Encore faut-il que ce principe s’applique effectivement à tous. J’ai été estomaqué de réaliser que, pour le gouvernement du Québec, une personne seule ayant un revenu annuel supérieur à 12 850 $ (l’équivalent de 6,20 $/heure) est trop riche pour être admissible à l’aide juridique. Pourtant, le salaire minimum au Québec est de 9,50 $ de l’heure! Alors que l’exclusion est un des fléaux planétaires les plus importants de notre époque, il est primordial de préserver ici au Québec l’accès à la justice pour nos citoyens les plus vulnérables. Pour que les gens moins nantis ne soient pas moins égaux que d’autres devant la loi, le Barreau continuera de rappeler au gouvernement que d’investir dans des mesures assurant l’égalité de tous devant la loi, c’est investir dans un service essentiel.
Enfin, devant la Commission Bastarache le 21 octobre, le Barreau a encore une fois pris ses responsabilités en faisant valoir l’importance de baliser le pouvoir discrétionnaire du ministre dans le but ultime de maintenir et de rehausser le niveau de confiance de la population envers notre système de justice. Le Barreau, tout en réitérant sa confiance envers la compétence de la magistrature, ne se contente pas du statu quo, mais propose des solutions novatrices pour mieux encadrer les processus de sélection et de nomination. Je vous invite d’ailleurs à prendre connaissance du mémoire du Barreau sur notre site.
Je suis encore tout nouveau dans cette grande organisation qu’est le Barreau, mais je suis fortement impressionné de constater à quel point, grâce à l’apport de ses membres et de son personnel, notre ordre professionnel est efficace et dévoué envers l’atteinte de son seul objectif : la protection du public. Il y a de quoi être fiers!
