Je crois que pour que le public soit bien servi et bien protégé, il faut aussi travailler pour défendre les conditions de pratique des avocats. Le public sera protégé si les avocats sont bien encadrés, soutenus, formés et équitablement rémunérés.
Depuis mon arrivée, je constate avec étonnement que chaque geste posé pour aider ou servir les avocats peut porter flan à de vives critiques à l’égard de notre mission principale. Notre mission principale est la protection du public. Cela est vrai. Indiscutable. Nous y veillons avec rigueur, diligence et efficacité. La réalisation de cette mission est-elle incompatible avec un service à nos membres? Non. De multiples exemples me permettent de croire que les deux peuvent très bien cohabiter. En voici des exemples : les déclarations des procureurs des poursuites criminelles et pénales et des juristes de l’État à l’égard de leurs conditions de travail. La protection du public est tributaire de ces conditions. Sans souhaiter intervenir entre les deux parties, nous devons exhorter le gouvernement à régler le conflit. Autre exemple? Le libre choix de l’avocat, une des composantes fondamentales du système d’aide juridique, est menacé par le fait que le tarif de l’aide juridique, soit les honoraires fixés par la loi versés aux avocats qui acceptent des mandats d’aide juridique, doit être actualisé. Cette situation fait en sorte que le nombre de praticiens privés qui acceptent ces mandats va en décroissance. Le public est-il mieux servi? Non. Autre exemple? Le tarif accordé aux médiateurs en matière familiale qui est demeuré inchangé depuis l’implantation du programme gouvernemental de médiation en 1997. Le faible tarif nuit au recrutement et à la rétention de médiateurs expérimentés dans toutes les régions du Québec. Est-ce là une bonne chose pour le public? Non.
C’est pourquoi, dans ces dossiers comme dans d’autres, je crois que le Barreau doit intervenir et expliquer pourquoi il intervient pour plus grand bénéfice du public d’abord mais, aussi, de ses membres. Reste à voir si nous serons entendus.
