Combien de Québécois et de Québécoises savent que le Barreau du Québec, en plus de ses activités de contrôle de la profession, est le gardien et le protecteur des valeurs démocratiques, l’ardent promoteur et défenseur de la primauté du droit?
À mon avis, très peu de citoyens le savent. Faites le test dans votre entourage. L’une des barrières à cette reconnaissance publique vient du vocabulaire que nous utilisons. Règle de droit, primauté du droit, État de droit sont des termes qui ne sont pas utilisés dans la vie courante et qui peuvent ne pas être bien compris. L’autre frein est, à mon avis, la « décentralisation » des interventions du Barreau. Le Barreau intervient souvent sur une multitude de sujets et orchestre ses communications autour de certaines de ses interventions. Toutefois, il ne fait pas suffisamment connaître l’ensemble de son œuvre et les impacts de son action.
Dans les faits, le Barreau du Québec joue, depuis 160 ans, un important rôle social. Il veille à la protection des valeurs qui sont à la base d’une société libre et démocratique comme la nôtre. Il promeut l’égalité de tous devant la loi et il protège l’équilibre souvent précaire entre les droits du citoyen et les pouvoirs de l’État. Il soutient l’indépendance judiciaire, l’autorité des tribunaux et veille également à la saine administration de la justice. En tant que pilier de notre société de droit, il est mieux placé pour jouer ce rôle en toute indépendance, rôle qu’il faut faire mieux valoir pour plusieurs raisons :
- pour que les gens comprennent l’importance d’une société de droit sur la vie en société, les libertés individuelles, la santé économique d’un pays, etc.
- pour que le Barreau se rapproche des citoyens et puisse mieux les faire participer à cet important rôle de protecteur de l’État de droit.
J’arrive d’une rencontre de l’American Bar Association où j’ai pu me réunir avec mes homologues sous l’égide du National Association of Bar Executives à Toronto. Cette rencontre m’a permis, entre autres, d’échanger avec les créateurs du World Justice Project, lequel publie chaque année l’index mondial sur la situation de la règle de droit au sein de plus de 80 pays, dont le Canada qui, selon cet indice, se classe 16e sur 23 pays riches en matière d’accès à la justice.
Des travaux tels que ceux du World Justice Project démontrent bien que la primauté du droit n’est pas seulement au bénéfice ou l’apanage des avocats, des juges et du système de justice… sans la règle de droit, notre société serait pour le moins dysfonctionnelle.
À l’automne, juste avant la reprise des travaux de l’Assemblée nationale du Québec, nous présenterons publiquement le bilan de nos interventions législatives de la dernière année devant les médias. Un premier pas dans une série de nouvelles actions qui amèneront le Barreau du Québec à dévoiler un peu plus de cette face méconnue, mais si importante de sa mission, et qui donnera à ses membres mais aussi au public des outils pour qu’ils puissent ainsi mieux faire valoir ses droits et le droit.
